Les cigarettes électroniques feraient-elles plus de mal que de bien ? 20/04/2010 | Addictologie , Santé publique
Les fabricants revendiquent l’intérêt des cigarettes électroniques dans le sevrage tabagique. Pourtant, les rares données toxicologiques sont loin d’être rassurantes.
La députée UMP des Alpes-Maritimes, Muriel Marland-Militello alerte sur les dangers potentiels des cigarettes électroniques par voie de communiqué. La cigarette électronique, vendue principalement sur internet, est supposée reproduire la forme et les sensations d'une cigarette classique pour aider au sevrage tabagique. Ce dispositif électronique vaporise un liquide pouvant contenir de la nicotine et d’autres substances.
A l’occasion d’une question au gouvernement, la ministre de la santé a effectivement indiqué « qu’à ce jour aucun fabricant de cigarettes électroniques ne dispose d’une autorisation de mise sur le marché » et que « l’Afssaps procède à une évaluation approfondie des risques ». Depuis juillet 2008, l’Afssaps recommande « la plus grande prudence » aux utilisateurs de ces cigarettes. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) déconseille également leur usage, depuis fin 2008, en raison de l’absence de preuve d’efficacité pour aider au sevrage tabagique et parce qu’ « aucune donnée ne confirme leur innocuité ».Plus récemment, dans un éditorial publié dans le British Medical Journal, un toxicologue grec a fait le point sur les données scientifiques disponibles. Pour l’instant, seules trois analyses toxicologiques ont été menées par la Food and Drug Administration, un institut de recherche public grec et une entreprise privée. La FDA a exprimé plusieurs inquiétudes sur l’innocuité de ces produits.
Premièrement, la FDA constate que les teneurs en nicotine de la fumée de ces cigarettes sont très variables et ne correspondent pas aux taux indiqués par les fabricants. De plus, l’autorité de santé américaine a détecté la présence d’une molécule hautement toxique, le diéthylène glycol. Les trois analyses ne sont pas convergentes, mais la FDA relève aussi la présence de molécules cancérigènes présentes dans le tabac comme des N-nitrosamines. L’analyse grecque indique la présence d’hydrocarbures aromatiques polycycliques, potentiellement cancérigènes.
Certes les composés trouvés dans ces cigarettes électroniques semblent globalement moins nocifs que le tabac classique, mais l’Afssapsrappelle que si les fabricants revendiquent une utilité dans le sevragetabagique, « la cigarette électronique doit répondre à la définition de médicament et doit à ce titre obtenir une autorisation de mise sur le marché ».
Virginie BAGOUET
Source: http://www.impact-sante.fr/Medecine