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 Interaction fatale entre l’intestin et les articulations

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MessageSujet: Interaction fatale entre l’intestin et les articulations   Mer 9 Mai 2007 - 12:15

Interaction fatale entre l’intestin et les articulations.

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et les rhumatismes ont des points communs : ils peuvent se manifester parallèlement et l’un peut déclencher l’autre.

Les maladies de l’organisme humain montrent souvent des interactions complexes, surtout en ce qui concerne les systèmes organiques, bien plus que l’on se figure généralement. Parfois, des hasards mettent en lumière une de ces interactions : il en est ainsi du traitement développé contre les rhumatismes avec le médicament sulfasalazine. Il fut démontré au milieu du siècle passé (20ème) que non seulement il apportait une aide contre les inflammations des articulations, mais aussi, pour une partie des patients, il aidait à lutter contre les douleurs abdominales et les diarrhées. Plus encore, on constata qu’une partie des ces patients qui souffraient en premier lieu de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin telles que la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuses avait vu un déclenchement de rhumatismes.

Déséquilibre de la paroi intestinale.
Aujourd’hui, cette interaction est reconnue par la médecine sans qu’on en connaisse les raisons exactes, comme le disent Dominique Criblez et Lukas Schmid. Le fait que le Dr. Criblez, médecin en chef en gastro-entérologie à l’Hôpital Cantonal de Lucerne (Suisse) et le Dr. Schmid, médecin en chef en rhumatologie dans le même établissement, traitaient parfois, chacun dans sa spécialité, les mêmes patients !

Bien que la relation entre les inflammations intestinales et les arthrites ne soit pas complètement claire, celle-ci a été prouvée par des résultats de recherches scientifiques et des conclusions d’études. Les corrélations permettent d’avoir un aperçu des plus fascinants de notre système immunitaire. La thèse qui est la plus largement soutenue est celle-ci : chez une personne saine,la paroi intestinale fait office de barrière contre les substances nocives et les bactéries, tout en tolérant simultanément l’échange de substances nutritives vitales. Contrairement à la situation d’un intestin sain, cette barrière peut être en disfonctionnement lors de maladies inflammatoires de l’intestin. En conséquence, le système immunitaire local et général peut être confronté à des protéines inhabituelles, des bactéries ou des produits de décomposition. Les processus d’inflammation sont déclanchés ou maintenus, tout en pouvant également se transmettre à d’autres systèmes organiques (particulièrement les muqueuses articulaires). Les manifestations de la maladie varient de faibles à très fortes.

Les manifestations typiques de la maladie.
Les infections intestinales bactériennes peuvent conduire à des inflammations d’articulation (arthrite) réactives. Les exemples connus de bactéries déclenchantes sont des campylobacters et les salomelloses, toutes deux qui contaminent les alimentations (œufs, viande de volaille, viande crue, poisson cru, fruits de mer), ou les selles humaines ou animales (des animaux domestiques). Une infection intestinale se manifeste par une diarrhée aiguë, mais qui disparaît généralement sans thérapie. Chez les personnes affaiblies, cela dure plus longtemps, ce qui exige l’utilisation d’antibiotiques. Pour une partie des victimes, une arthrite typique (asymétrique, peu d’articulations en cause, le plus souvent aux jambes) se développe en quelques semaines, qui doit être bien différenciée de l’arthrite rhumatismale (polyarthrite chronique).

La maladie de Crohn.
Il s’agit d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin qui se produit toujours sous forme de poussées, avant tout pour la première fois à l’âge de jeune adulte. On ne peut pas en prédire le cours. Chez les patients, il peut y avoir des inetvalles sans poussées qui durent plusieurs années, chez d’autres, ils ont de nouvelles poussées en permanence. Les foyers de l’inflammation peuvent se trouver sur tout l’appareil digestif, depuis la cavité buccale jusqu’à l’anus, mais le plus fréquemment, c’est l’intestin grêle inférieur qui est touché. Le patient avec la maladie de Crohn « classique » a de forts maux de ventre (en phase initiale identiques à une appendicite aiguë) et des diarrhées aqueuses. Environ un tiers des patients souffre de maladies inflammatoires articulaires ou à la colonne vertébrale. La cause de la maladie n’est pas encore connue ; elle est favorisée par une prédisposition familiale. Il n’y a pas de mesure de prévention garantie. La maladie de Crohn est la plupart du temps traitée par médicaments, dans certains cas, lors de complications graves, également par chirurgie (ablation de sections de l’intestin touchées). Le nom de la maladie provient du médecin américain Burrill Bernard Crohn (1884 – 1983).

La colite ulcéreuse (inflammation intestinale ulcéreuse).
Elle est apparentée à la maladie de Crohn et se déroule également le plus souvent sous forme chronique et par poussées. L’inflammation est limitée au gros intestin et se manifeste principalement pare des diarrhées avec sang et des maux de ventre sous forme de crampes. Les patents avec colite ulcéreuse souffrent plus que les personnes saines de maladies inflammatoires de l’appareil moteur. Le traitement médicamenteux soulage généralement tout comme pour la maladie de Crohn. Dans des cas graves ou si la durée de la maladie dure une décennie, il y a un risque de cancer augmenté, et une opération chirurgicale (ablation de l’intestin) est recommandée.

Maladie de Bechterew (spondylitis ankylosans)
Il s’agit ici en premier lieu d’une maladie inflammatoire de la colonne vertébrale et souvent aussi des articulations voisines. Lorsque les patients avec la spondylitis ankylosans sont minutieusement examinés (avec endoscopie), il a été démontré que plus de 50 % d’entre eux souffraient de modifications inflammatoires de la paroi intestinales. Cependant, seul une partie d’entre eux présentaient des symptômes perceptibles.

Les médicaments contre les rhumatismes attaquent l’estomac.
Les exemples le démontrent : les maladies inflammatoires de l’intestin et les maladies rhumatisantes se produisent souvent ensemble. Des gastro-entérologues et rhumatologues sont cependant encore loin d’avoir tous leurs patients en commun : les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et le précurseur de l’aspirine ont des effets secondaires dans le tube digestif dans de nombreux cas. Ces médicaments sont universellement et très fréquemment prescrits. Ils agissent contre la douleur et l’inflammation tout en freinant les enzymes vers une éventuelles inflammation en cascade. Certaines substances exercent une influence protectrice de la muqueuse de l’intestin et de l’estomac contre l’évolution de l’inflammation. Si cette production est freinée par les AINS ou l’aspirine, cela peur avoir comme conséquence, dans le meilleur des cas , des douleurs dans la partie supérieure abdominale et des nausées, parfois aussi des ulcères de l’estomac ou des ulcères du duodénum.

Médicaments et initiative individuelle.
De tels événements indésirables et partiellement dangereux ne sont malheureusement pas prévisibles, et ils peuvent se produire de manière subite alors que tout va bien. Cependant, une protection médicamenteuse contre ces complications est aujourd’hui possible dans la plupart des cas. Il est ainsi considéré que le principe de l’indication doit correspondre à une thérapie sous AINS et que leur durée et dose thérapeutique doivent être limitées au minimum nécessaire..
Avant tout, lors de maladies rhumatologiques avec peu d’inflammation, il est judicieux d’envisager un traitement alternatif, tels que le mouvement, le renforcement, les techniques de détente, la réduction de l’excédent de poids (embonpoint) ainsi que des analgésiques plus inoffensifs tels que le Paracétamol. En outre, un effet bénéfique et anti-inflammatoire a été prouvé grâce au régime méditerranéen, cependant plutôt pour les patients avec une arthrite rhumatoïde.

Informations.
Bibliographie : Lorsque la lutte contre les bactéries intestinales s’étend dans les articulations (Wenn der Kampf gegen Darmbakterien in den Gelenken tobt). Prof. Ignaz O Auer, spécialiste des maladies organiques, gastro-entérologue, rhumatologue ; médecin en chef à l’Hôpital Julius, Wurzburg.

Source : SMCCV Crohn Colitis Info. Mai 2007 .No 60

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