Diabète, PR et SPA favorisent l'ostéoporose
04/10/2011 | Rhumatologie
Pour le Dr Karine Briot, rhumatologue à l'hôpital Cochin, Paris, dans les maladies inflammatoires, il faut insister « sur l'importance de l'évaluation du risque osseux au cours des maladies chroniques : diabète, polyarthrite rhumatoïde (PR), spondylarthrite ankylosante (SA) ».
Le diabète de type I... mais aussi celui de type II !
Les diabétiques de type I ont un risque de fracture multiplié par trois par rapport à la population générale et présentent une DMO abaissée. Les diabétiques de type II ont un risque de fracture multiplié par deux, indépendamment des facteurs de risque de chutes et du fait qu'ils soient ou non sous insuline et ce malgré une DMO normale ou augmentée qui ne doit pas rassurer. L'hypothèse physiopathologique fait intervenir des interactions entre le pancréas (métabolisme glucidique) et le tissu osseux. Le sur-risque de fracture concerne essentiellement la hanche, le poignet et le pied.
La spondylarthrite ankylosante (SA) à surveiller dès les stades précocesDans la SA, le paradoxe osseux consiste en une ostéoporose précoce systémique associée à une ostéoformation excessive avec formation de syndesmophytes. Le risque de fracture vertébrale semble augmenté mais pas le risque de fractures périphériques. La densité minérale osseuse est diminuée chez les sujets atteints avec parfois une difficulté d'interprétation au niveau lombaire en cas de syndesmophytes mais la DMO au col fémoral est également abaissée. L'ostéoporose survient dès les stades précoces de la SA et justifie la recherche de facteurs de risques, une évaluation du risque osseux par une mesure de la DMO et un dosage de la 25OH vitD. La perte osseuse systémique est liée à l'activité inflammatoire de la maladie et le traitement de la perte osseuse consiste à contrôler cette inflammation.
Polyarthrite rhumatoïde : contrôler la maladie pour prévenir la perte osseuse
L'ostéoporose est liée à l'activité inflammatoire de la PR via la sécrétion de cytokines pro-inflammatoires qui stimule la résorption osseuse. Elle entraîne une perte osseuse avec risque de fractures vertébrales et non vertébrales. Dans la PR récente, les patients dont la maladie est active ont une perte osseuse accélérée. D'ailleurs la polyarthrite rhumatoïde est un facteur de risque d'ostéoporose dans le score d'évaluation du risque de fracture développé par l'OMS (FRAX). Le meilleur traitement préventif de la perte osseuse systémique repose sur le contrôle de l'activité de la maladie possible aujourd'hui avec les traitements biologiques de la PR. Dans tous les cas, il faut veiller à avoir des apports calciques et une supplémentation en vitamine D adaptés aux besoins.
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